SOCIETE : L'enfer de la rue

Mis à jour : 4 janv. 2019

La période hivernale a officiellement débuté ce vendredi 21 Décembre. La saison marquera, bien entendu, le retour du grand froid. Les sans-abri sont les premiers concernés par cette baisse des températures qui leur annonce beaucoup de complications.


Il faut savoir que les personnes ne possédant pas de toits n'ont jamais eu pour habitude de côtoyer les voies urbaines des villes, privées de domicile. Leurs conditions étaient, pour le moins, confortables; jusqu'à leur rencontre définitive avec la rue.


Mais comment en sont-ils arrivées là ? Quelle est leur qualité de vie au quotidien ?


Des questions qui resurgissent bien souvent.


Les motifs sont divers et variés


Penser que ce bouleversement est dû à une seule et même raison - en général la perte d'un emploi - est en soi une grossière erreur. Énormément de causes peuvent faire basculer la vie d'un homme ou d'une femme. Il existe par exemple des cas où des individus se retrouvent à la rue pour des raisons familiales. Et c'est d'ailleurs le principal.


Comme Linda, 28 ans, SDF depuis maintenant 10 ans et qui, face aux caméras, a souhaité témoigner (pour "Investigations et Enquêtes ») de son ancienne vie mais aussi de son quotidien actuel.


Les chiffres de l'INSEE sur les motifs de la perte du logement.

A l'image de l’intéressée, certaines personnes grandissent au cœur de familles sous-tensions. Un milieu où il est difficile de grandir et d’évoluer sur tous les plans. Ce qui pousse un grand nombre de personne à fuir ces foyers pour échapper aux problèmes journaliers, dans l’espoir d’un avenir meilleur.


Dans la peau d'un sans-abris


La faim, le froid, la solitude, le manque de sommeil, de tranquillité et d’argent, le bruit continuel de la rue... tous les éléments sont réunis pour que ces personnes, dépourvues de tout matériel, connaissent de fortes faiblesses physiques mais surtout psychologiques. Ces causes les entraînent, le plus souvent, dans un refuge malveillant, comme la consommation de drogues et d'alcool sans modération, les détruisant à petit feu.


Si certains mendient, d’autres sont beaucoup trop fiers pour ne pas se rabaisser à cette méthode qu’ils jugent misérable et préfèrent rester dignes. C’est le cas ici de Christian - un individu vivant sans domicile fixe depuis quelques temps - interrogé par l'équipe d' « Investigations et Enquêtes » ; il témoigne de sa qualité de vie.


Pour faire calmer la faim, cet homme de 45 ans a décidé de se tourner vers les associations concernées comme le secours catholique. Une solution pour certains. D'autres, comme Linda, préfèrent arpenter les restaurants et demandent les restes de nourriture aux serveurs mais aussi aux clients.


Ce sont aussi pour eux un des seuls moments de la journée au cours desquels ils étanchent leur solitude à travers des contacts humains, empathiques, ou un échange de sourires, avant de retrouver la jungle urbaine.


Les femmes, quant à elles moins nombreuses, représentent selon l'INSEE, 38% de la population SDF. Une faible statistique qui ne les épargne pas pour autant.


Le risque de viol laisse lieu à une véritable frayeur, vécue au quotidien, par ces femmes dépourvues de domicile.

Exposées à un risque supplémentaire, elles sont en proie à un potentiel risque de viol. La population féminine des sans-abris redoute davantage cette vie urbaine. Ce danger supplémentaire est moins mis en lumière par les médias, pourtant vécu très régulièrement.


Pour illustrer au mieux cet exemple, on retrouve de nouveau Linda, qui a souhaité témoigner de ces faits suite à une altercation avec deux hommes. Elle déclare alors devant la caméra : « Si je dors, on va venir me toucher, me tripoter ! ». Et pour se défendre, pas d’autres solutions que de faire recours à la violence. « Je lui mets un coup de poing, je le frappe avec ma main [...] et je crie au secours, au viol ! ».


En raison de cette vulnérabilité, il est plus difficile pour les femmes de trouver refuge dans un foyer d’accueil afin d'y passer la nuit. La rue n’est pas mieux. Livrée à elles-mêmes, elles rencontrent le danger partout. La solution pour Linda, est de dormir dans des entrées d’immeubles, beaucoup plus sécurisées que l’extérieur, même si le risque reste malgré tout bien présent. « On ne sait jamais sur qui tomber [...] C’est ça ma vie, c’est la peur des gens », déplore-t-elle.


Alors que la précarité les guette chaque jour, ces individus ne désespèrent pas. Ils continuent de se battre pour vivre et obtenir, avec un peu de chance, de meilleures conditions dans le futur. C'est en tout cas ce que transparaît Linda par ces phrases : « Un jour j'aurai un bon avenir, un jour je vais réussir dans ma vie. »


Selon la Fondation Abbé Pierre, la population des SDF est en constante augmentation et a doublée en seulement 10 ans.


On peut soit s'apitoyer sur leur sort et les voir souffrir, soit les aider à, comme le souhaite Linda, rebondir dans la vie active en offrant aux différentes associations concernées :


Secours catholique : https://www.secours-catholique.org/sans-abri-et-mal-loges (don en bas de page)


Croix Rouge française : https://donner.croix-rouge.fr/enfance_2018/~mon-don


Fondation Abbée Pierre : https://www.fondation-abbe-pierre.fr/m




Les témoignages de Christian et Linda :



Kultur.



© 2018 KULTUR

  • Icône sociale YouTube
  • Facebook Social Icône
  • Twitter Icône sociale
  • Icône social Instagram

Abonnez-vous !