MUSIQUE : Pourquoi l'épilogue d'OrelSan est une déception ?

Mis à jour : 22 nov. 2018

OrelSan a sorti ce vendredi 16 novembre l'épilogue de son dernier album "La fête est finie". Après écoute, la surexcitation tend à fléchir et on se rend vite compte qu'il n'y a que quelques titres qui sortent du lot. Et qu'en est t-il du reste ? La poubelle décidera de son sort.


L'album avait pourtant donner aux fans un avant goût mielleux grâce à la collaboration entre le rappeur normand et son associé belge Damso. L´énorme clip - dont la réalisation mais aussi la rythmique sortent tout droit des cieux - illustre parfaitement cet aperçu. A l'image d'un raz-de-marée dévastant tout sur son passage, le clip a provoqué un engouement extrême auprès du grand public. Il affiche en seulement 4 jours, plus de 5 millions de vues sur Youtube.


Un OrelSan habituel : c'est inhabituel !


Si on considère qu'il y a un rappeur qui se fait discret dans ce Rap-Game, c'est bien Orelsan. Et pourtant. Le rappeur a surpris son public. Dans la matinée du lundi 12 novembre et contre toute attente, l'interprète de "Basique" dévoile sur ses réseaux sociaux l'album qui viendra compléter le dernier, sorti à peine un an plus tôt. Lui qui est présent dans la musique depuis plus de 16 ans, n'a sorti que 4 albums - l'épilogue est considéré comme étant un album - au total dans sa carrière solo. C'est sans doute sous la pression du manque de ses fans que ce-dernier a décidé de revenir exceptionnellement sur ses habitudes. Mais le résultat laisse à désirer.


"J'essaie toujours de donner tout ce que j'ai à donner parce que je ne fais pas des albums souvent [...]"Orelsan pour Konbini, le 24 décembre 2017.


Comme il le dit si bien dans la citation précédente, à la sortie de chaque album, l'artiste exploite tout son potentiel au vu de la faible fréquence d'apparition de ses albums. Ce qui lui vaut un long temps de répit avant d'en composer un autre. Cependant, cette fois, OrelSan a stupéfié tout le monde en postant ce message, en début de semaine, sur tous ses réseaux :



Sur la toile, cette annonce a eu l'effet d'une bombe. Et l'excitation s'est accentuée quand son dernier single, "Rêves bizarres", a été publié quelques jours après. Tous les ingrédients étaient parfaitement mis en place pour que cet épilogue soit à la hauteur du grand Orelsan. Toutefois, pas vraiment.


L'album débute avec "Fantôme" qui a malheureusement des faux airs du morceau "Dans ma ville on traîne", sorti un an plus tôt. Un rythme et des sonorités qui laissent presque à penser que l'artiste n'a pas souhaité se creuser la tête. Mais ce n'est que le début alors, autant ne pas s'arrêter ici.


Trop basique, trop simple


L'album continue de tourner, l'album défile. "Tout ce que je sais", "La famille, la famille", "Mes grands-parents", "Discipline". Des morceaux sur lesquels Orelsan rappel qu'il n'a rien perdu de sa qualité artistiques. Seulement, ses paroles donnent un effet de déjà-vu. Comme une impression que l'artiste se répète et que son inspiration l'a bel et bien quitté.


Les sujets sont récurrents, l'artiste parle toujours autant de sa relation amoureuse - qui dure depuis 7 ans - comme une condamnation à rester enfermé dans une prison sexuelle dont sa seule co-détenue est sa petite amie. Des paroles qui se répercutent dans une grande partie de ses chansons mais qui ont également fait l'objet de deux titres. "Adieu les meufs" cette année et "Bonne meuf" l'année dernière.


La famille est aussi l'un des sujets marquant de cet exemple. Dans le précédent album il s'en prend radicalement à sa famille comme le montrent ces paroles : "tâta est le genre de crevarde qui lave les assiettes en carton". Il revient cependant dessus en 2018, comme s'il n'assumait pas ses dires. On ressent son envie de s'excuser, qu'il exprime en rendant hommage à chaque membre, dont sa tante : "J'y ai pas cru quand tâta m'a offert Mega Man. J'avais même pas la Mega Drive, j'kiffais rien qu'de regarder la boîte".


La déception se fait d'autant plus ressentir lorsque l'on découvre que "Tout va bien" est aussi présent dans cet épilogue. Est-ce un manque de créativité de la part du rappeur ? Ou alors une marque de fainéantise? Les questions bourdonnent mais les réponses sont absentes. Les fans voient, à plus forte raison, la désillusion pointer le bout de son nez quand c'est en fait une version en collaboration avec Eugy & Kojo Funds qui apportent leur touche de reggae. Et tant pis pour les amateurs de rap.


Malgré ces points négatifs, "La fête est finie - L'épilogue" contient quelques points positifs comme la coopération avec Damso dans "Rêves Bizarres", "Tout ce que je sais" ou encore "Discipline" qui se distinguent des autres sons, qui restent discutables. On espère qu'après cet album, OrelSan se laissera une pause afin de recharger la créativité à laquelle il a toujours habitué son public.



Rêves Bizarres :


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